Des chrétiens divisés… Pourquoi ?

jeudi 4 janvier 2018
par  Jean-Luc Pillot
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Des chrétiens divisés… Pourquoi ?
Chaque année, du 18 au 25 janvier, nous prions pour l’unité des chrétiens. L’Eglise nous invite à tourner notre regard vers toutes ces religions chrétiennes dont sans doute nous ne connaissons guère les aspects : protestants, orthodoxes, et cela se complique quand on évoque les chrétiens d’Orient, coptes, arméniens ou encore si on ajoute les méthodistes, les pentecôtistes.
Et si nous prions pour l’unité de tous ces chrétiens, c’est que cette grande famille s’est divisée au long des siècles … Posons quelques repères pour nous y retrouver.

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Comme dans une famille, après divers événements insignifiants et devenant importants, c’est la discorde. Il en est de même pour les chrétiens. A chaque fois, on tente de raccommoder les choses par une réunion (en Eglise, on appelle cela un concile) mais trop souvent en vain.

La première querelle du christianisme apparaît au 5e siècle : le Christ, vrai homme et vrai Dieu ? Et donc sa mère, Marie, mère de Dieu ? Les deux visions théologiques s’affrontent : l’une insiste sur un Christ humain et l’autre sur un Christ glorieux, divin.

Le 3e Concile d’Éphèse en 431 reconnait à Marie le titre de mère de Dieu déclarant l’union des deux natures, humaine et divine, dans un Christ unique. Et ce Concile excommunie Nestorius qui affirme que le Christ comporte deux personnes distinctes.

Plus tard, au concile de Chalcédoine en 451, ce sont les monophysites qui ne reconnaissent que la nature divine du Christ. Et voilà comment en quelques décennies naissent diverses églises d’Orient, pour certaines aujourd’hui encore présentes en Egypte, en Syrie, en Irak, en Ethiopie, en Arménie, etc…

Vers les 16e et 17e siècles, elles seront l’objet de divisions entre elles, certaines rejoignent l’Eglise de Rome tout en conservant quelques-unes de leur spécificité.

Rome (en Occident), Byzance devenue Constantinople (et aujourd’hui Istanbul) en Orient. Ces deux villes résument à elles seules la tension qui, au fil des siècles, va naitre et s’amplifier pour aboutir au schisme entre les deux églises, orthodoxe et catholique.

La séparation va malheureusement devenir réalité au 11e siècle. 1054 est une date que l’on retient, bien qu’elle soit une querelle banale entre deux évêques qui s’excommunient l’un l’autre.

Les croisades de 1095 à 1291 vont parachever la scission. Et comme il n’y a pas d’autorité centrale dans le christianisme orthodoxe, nous retrouvons aujourd’hui de nombreuses communautés orthodoxes, avec pour chacune, à sa tête, un patriarche ou un métropolite.

La deuxième grande fracture du christianisme naît au 16e siècle : deux personnages centraux dans cette scission, Luther et Calvin. En 1517, Luther publie une déclaration en 95 points contre les indulgences. La réaction du pape ne se fait pas attendre : il excommunie Luther en 1521 et c’est le début de la Réforme protestante. Les grands courants protestants se distinguent par des confessions de foi divergeant sur des points de théologie et de conception de la vie des Eglises. Deux branches historiques sont constituées par les Eglises luthériennes et les Eglises réformées.

Quant à l’anglicanisme, il nait en 1527 lorsque le roi Henri VIII, fâché du refus par le pape Clément VII d’annuler son mariage, se proclame chef de l’Eglise d’Angleterre.
Au fil des siècles, ces communautés vont également se diversifier et donner naissance à de nombreuses ramifications, citons les baptistes, les méthodistes, les pentecôtistes, les évangéliques…

Pour aller plus loin :

  • « La grande histoire des chrétiens d’Orient » (hors-série du Pèlerin)
  • « Encyclopédie des religions » de Douglas Charing et Philip Wilkinson (Editions Gallimard)
Yvon Garel

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