L’église Notre-dame de Kerfot Enregistrer au format PDF

Mercredi 6 novembre 2019

Le 9 mai 1921 l’église Notre-Dame de Kerfot était en grande partie détruite par un incendie accidentel, un détail de vitrail nous rappelle cet évènement tragique.

Mathieu Venuat

Le 9 mai 1921 l’église Notre-Dame de Kerfot était en grande partie détruite par un incendie accidentel, un détail de vitrail nous rappelle cet évènement tragique.

Dans les Côtes d’Armor, les archives nous relatent des faits similaires pour nos églises sur notre secteur, nous pouvons évoquer Quintin où le 8 janvier 1600 un incendie détruisit le bâtiment de la trésorerie de la collégiale, le chanoine sacriste périt dans les flammes, malgré cela la relique appelée ceinture de la vierge fut retrouvée presque intacte.
Le 6 septembre 1632 un incendie se déclara dans la sacristie de la cathédrale de Tréguier et détruisit une partie du trésor et des archives.
En 1705 la chapelle ND de Liscorno à Lannebert subit le même sort et disparaissait partiellement dans les flammes. Au soir du 31 décembre 1874 la nef de la chapelle ND de la Cour de Lantic flambait les causes de ce drame sont connues, des travaux d’étanchéité au niveau des toitures provoqueront un départ de feu.
Bien d’autres exemples pourraient être cités…

« Dans la nuit du 9 mai 1921, peu de temps, deux heures tout au plus ont suffi pour anéantir cet édifice. Le feu s’est déclaré une heure et demie après la clôture du mois de Marie. Monsieur le Recteur comme tous les soirs avait pris des précautions minutieuses pour s’assurer que tous les cierges étaient bien éteints ».

A Kerfot le cahier de paroisse nous apprends ceci :

  • Malgré la vigilance du prêtre il semble qu’un cierge soit à l’origine du sinistre.
  • Lettre du recteur adressée aux prêtres de la partie ouest du diocèse.
  • Une mobilisation de tout un diocèse.

Le 7 novembre 1921 Monseigneur Morelle évêque de Saint Brieuc et Tréguier autorise à demander aux recteurs de la partie bretonne du diocèse, une quête dans leurs églises au profit de la restauration de l’église Notre-Dame de Kerfot.
« Cet édifice qui était l’un des plus beaux joyaux de l’architecture bretonne dans notre région. Aussi bien n’est-ce pas seulement la paroisse de Kerfot qui se trouve éprouvée par ce malheur, mais le pays tout entier. Les ressources provenant de l’assurance sont très insuffisantes. Les paroissiens tiendront à l’honneur de contribuer généreusement au relèvement de leur église. Mais leur générosité quelque grande qu’elle soit à l’égard de Notre-Dame de Kerfot ne saurait suffire devant les travaux qui nous incombent ». Signé Pierre LE GALL Recteur juillet 1921.

Le 21 mai 1922 sera le jour de la bénédiction de la première pierre de la nouvelle église par Mr Le Pennec vicaire général délégué de l’évêque, ce en présence de toute la population et d’un grand nombre de personnes des paroisses voisines.
La bénédiction de la nouvelle l’église eut lieu le 18 février 1923, l’architecture de la nouvelle église respecte le style des petites églises de basse-Bretagne, de l’ancien monument le porche ouest et son clocher du 16e siècle sont conservés celui-ci sera inscrit à l’inventaire des monuments historique le 6 mars 1925.

Un programme de vitraux sera réalisé dans l’église en 1922, le tout signé Louis Balmet de Grenoble. La maîtresse vitre représente le couronnement de la Vierge, par Jésus en présence de Dieu le Père et du Saint Esprit. Le haut du vitrail nous évoque l’incendie de 1921 avec l’église en flammes et la statue de Notre-Dame de Kerfot qui surplombe son sanctuaire, une banderole indique en latin « année 1921 ».

Mathieu Venuat

Note : Remplage = Armature de pierre des vitraux d’une fenêtre, formant un réseau ornemental (art gothique surtout).

Détail du couronnement de la Vierge Maitresse vitre Remplage de la maitresse vitre