Se rendre au pardon, une démarche de foi
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Se rendre au pardon, une démarche de foi

- Partir : le premier acte consiste évidemment à partir de chez soi. Qu’importe la distance à parcourir, nous répondons à un appel, à une parole entendue : « Viens et suis-moi ». Partir, c’est en effet marquer une rupture avec nos habitudes quotidiennes ; c’est traduire l’envie de découvrir autre chose. Cette rupture est encore plus forte quand nous posons l’acte de rejoindre un pèlerinage vers ces lieux qui rassemblent tels que Lisieux, Pontmain, Lourdes ou plus près de nous Querrien. Partir en pèlerinage, c’est s’ouvrir à l’inconnu et à la nouveauté. « Quitte ton pays, la maison de ton père pour le pays que je t’indiquerai » dit Dieu à Abraham.
- Cheminer : si les conditions actuelles des pèlerinages ont relativisé l’importance de la route, ne perdons pas de vue l’aspect d’un cheminement à faire car une marche oblige à s’investir tout entier, avec le cœur mais aussi avec le corps. La foi ne nous vient pas seulement par la tête mais aussi par les mains, par les pieds… Celles et ceux qui pratiquent la randonnée connaissent bien cette nécessité dans la marche de se désencombrer, de se contenter de l’essentiel et de s’en remettre à l’imprévu des rencontres. En matière de cheminement, rappelons-nous les quarante ans d’exode d’Israël à travers le désert, temps d’épreuve, et les déplacements de Jésus passant de village en village, allant à la rencontre des oubliés et s’engageant résolument pour culminer dans son chemin de la croix. Dans nos humbles pardons de chapelles où nous n’avons pas cheminé pour nous y rendre, le temps de procession symbolise ce cheminement.
- Demeurer : Jésus s’adresse aux premiers disciples. « Que cherchez-vous ? » leur demande-t’il. « Rabbi, où habites-tu ? » questionnent-ils à leur tour. « Venez et voyez » leur répond Jésus. « Ils allèrent donc, ils virent et ils demeurèrent auprès de lui. » La réponse de Jésus s’adresse à chacun de nous aujourd’hui : aller, voir et demeurer. Aller c’est se déplacer vers Celui qu’on cherche. Voir c’est ouvrir tous nos sens et notre cœur pour nous laisser prendre. Demeurer c’est tenir et durer dans l’écoute de la Parole. Tout pèlerinage requiert ce mouvement qui nous invite à demeurer un peu dans un lieu où le Christ nous « signifie » son dessein de salut et d’Alliance pour chacun de nous. Demeurer c’est prendre le temps en oubliant les exigences de nos agendas toujours trop chargés, c’est écouter et accueillir la Parole de Dieu.
- Repartir : Comme chacune de nos eucharisties dominicales, le pèlerinage doit nous renvoyer au quotidien de la vie. Comme ont dû le faire Pierre, Jacques et Jean après la Transfiguration, le pèlerin doit redescendre de la montagne. En effet, la Parole entendue, accueillie est une invitation à s’ouvrir sur autre chose, sur un ailleurs. Elle nous renvoie vers ce monde ambigu où coexistent le meilleur et le pire, ce monde souvent éloigné de la foi. Aller en Galilée, c’est accepter d’entrer dans la mission de Jésus lui-même : « Le Règne de Dieu est proche ; convertissez-vous et croyez à l’Evangile », c’est annoncer le Règne comme il l’a fait par des gestes, par des signes et par des paroles.
Pour en savoir plus sur les pardons : un reportage d’Arte.TV « La Bretagne, saint pays des pardons »