Et si on parlait de l’Esprit Saint Enregistrer au format PDF

Mardi 25 juin 2019 — Dernier ajout mercredi 26 juin 2019

Jésus est venu partager notre condition d’homme… Il a pris les traits d’un être humain et même si les évangiles ne nous en tracent pas le portrait, mes repères humains et les représentations des artistes m’aident à lui donner réalité.

Yvon Garel

Jésus est venu partager notre condition d’homme… Il a pris les traits d’un être humain et même si les évangiles ne nous en tracent pas le portrait, mes repères humains et les représentations des artistes m’aident à lui donner réalité. Mais lorsque l’on me parle de l’Esprit-Saint, alors là je suis bien démuni. Je me garderai bien de rechercher la définition du catéchisme de mon enfance pour éviter un plus grand désarroi. Alors relisons les paroles du cantique présenté dans ce bulletin : voilà des images qui m’ouvrent des pistes : « Souffle imprévisible, Esprit de Dieu… Vent qui fait revivre… Flamme sur le monde… Fleuve des eaux vives… Paix de la colombe…Esprit de Dieu ». Quand, en effet, nous n’arrivons pas à saisir des réalités invisibles, nous faisons appel à des symboles, à des références de notre vécu humain pour mieux les cerner. Arrêtons-nous donc sur ces différentes manières de symboliser l’Esprit Saint.

Le vent, l’air en mouvement, la brise légère (Genèse 3, 8) : le vent pousse, dynamise et souffle. Il est direct, il ne se voit pas et pourtant il est là quand il chasse les nuages et que, tout à coup, il perce le soleil. C’est donc un symbole à la fois de discrétion et de force.
Le souffle, l’haleine des êtres vivants. Dieu donne ce souffle, mais il peut le reprendre. Dans la maladie, le souffle vient à manquer.

L’eau : voilà une réalité bien palpable et nous savons comment l’eau désaltère, fait vivre, est indispensable à notre corps. L’Esprit Saint est cette eau vive qui nous abreuve, qui jaillit en nous… (Relisons l’épisode de Jésus rencontrant la Samaritaine).

L’huile : le symbolisme de l’onction d’huile est significatif de l’Esprit Saint. Dans les Églises d’Orient, le sacrement de confirmation est d’ailleurs appelé « Chrismation ». Et pour saisir tout ce que peut suggérer cette image de l’onction, n’oublions pas les propriétés de l’huile : elle fortifie (huile pour enduire le corps des sportifs), elle s’incruste formant des taches difficiles à ôter, elle a aussi une odeur (c’est le cas en particulier du saint chrême utilisé pour les baptêmes). L’Esprit nous donne la force, nous marque de façon permanente, nous invite à répandre son odeur.

Le feu : le feu symbolise l’énergie de l’Esprit qui transforme ce qu’il touche. C’est sous la forme de langues de feu que l’Esprit Saint se pose sur les disciples au matin de la Pentecôte (Actes 2, 3-4). Ici encore pour bien saisir toute la portée de ce symbolisme du feu, il est aisé de faire appel à nos expériences : le fer que l’on chauffe au feu peut se tordre et devenir ouvrage, il en est de même du verre (nous avons tous admiré le travail du verrier !)

La main : l’acte d’imposer les mains est un acte fréquent dans les évangiles : Jésus guérit les malades (Marc 6, 5), bénit les enfants (Marc 10, 16) en leur imposant les mains. C’est aussi par l’imposition des mains que l’Esprit est donné (Actes 8, 17-19). Et c’est ce geste que l’on retrouve dans les sacrements (baptême, mariage, ordre…).

Le doigt : c’est aussi une image biblique, en particulier lorsque nous lisons dans le livre de l’Exode que la Loi a été écrite sur des tables de pierre par le doigt de Dieu (Exode 31, 18). Pour en comprendre la portée, retenons que ce mot doigt, en hébreu comme en arabe, a pour origine une racine signifiant « plonger dans », « teindre ». On retrouve l’image du sceau, de l’huile ou encore de l’eau. Nous pouvons aussi faire appel au tableau de Michel-Ange, « La création d’Adam », où nous voyons le doigt de Dieu qui lève l’homme.

La nuée et la lumière : ce sont deux symboles inséparables dans les manifestations de l’Esprit Saint : c’est la nuée sur la montagne du Sinaï (Exode 24, 15-18), durant la marche des hébreux dans le désert (Exode 40, 36-38), à la montagne de la Transfiguration (Luc 9, 34-35) ou encore au jour de l’Ascension (Actes 1, 9) pour ne citer que quelques exemples. Il est facile là encore de faire appel à toutes les situations de la vie courante où nous nous trouvons enveloppés d’une lumière qui éclaire tout, d’un nuage qui nous voile le paysage, etc… C’est ainsi que nous pouvons mieux saisir toute la portée de ce symbolisme à propos de l’Esprit

La colombe : pour saisir toute la portée de ce symbole, il faut savoir que depuis des millénaires, la colombe est porteuse de vertus protectrices, elle est symbole de l’amour dans l’antiquité païenne : une colombe peut vous avoir accompagné silencieusement et être là alors qu’on ne s’en doute pas. D’ailleurs elle est offerte lors des sacrifices de purification (Luc 2, 24) par les fidèles les plus modestes. Rien donc d’étonnant à ce qu’elle descende sur Jésus lors de son baptême dans les eaux du Jourdain et qu’elle y demeure.

Il nous faut bien tout cela pour saisir cette réalité invisible qui nous habite, « hôte silencieux de notre âme ».

Yvon Garel