Les premiers pas dans la Foi Enregistrer au format PDF

Mercredi 6 novembre 2019

Tout au long de ces mois d’été, nous avons accueilli dans la famille des chrétiens de nombreux jeunes enfants. Les baptêmes se sont succédé, pas moins de 15 sur la paroisse de Paimpol au mois d’août. Les parents ont donc pris pour leur enfant l’engagement de les conduire au fil des années sur le chemin de la foi, chemin sinueux dont il est bon de mesurer la richesse.

Yvon Garel
Tout au long de ces mois d’été, nous avons accueilli dans la famille des chrétiens de nombreux jeunes enfants. Les baptêmes se sont succédé, pas moins de 15 sur la paroisse de Paimpol au mois d’août. Les parents ont donc pris pour leur enfant l’engagement de les conduire au fil des années sur le chemin de la foi, chemin sinueux dont il est bon de mesurer la richesse.

Eveiller l’enfant à la foi, c’est plus qu’un simple enseignement ; cela doit être un échange en profondeur entre l’adulte et le jeune enfant. Et bien avant l’âge de raison, l’enfant se montre spontanément ouvert à l’intériorité, il est déjà connecté avec le mystère. Il possède une vie spirituelle propre, voire une relation à Dieu dès qu’il a une conscience. Et nous constatons, à son contact, que son rapport à l’au-delà est dénué d’embarras et de fausse pudeur : les choses sont dites avec simplicité, limpidité. Il n’a pas de crainte à évoquer Dieu.

C’est en même temps l’âge de l’émerveillement permanent : toute chose est nouvelle et source d’étonnement. Et les questions de l’enfant nous désarçonnent, on serait tenté de botter en touche, de l’inviter à attendre de grandir pour comprendre. Mais il a besoin de l’accompagnement de l’adulte, surtout bien entendu de ses parents. La transmission de la foi est d’abord une question de relation. « On ne parle pas de Dieu à un enfant mais avec l’enfant » (Marie-Agnès Gaudrat) Son rapport à Dieu s’ancre dans son rapport à ses parents. Si ses parents l’aiment, l’accueillent avec amour, il voit Dieu en eux. Et de même si ses parents prient.

Alors comment s’y prendre ?
L’éveil à la foi chrétienne est indissociable de l’éveil à la vie humaine. L’un ne va pas sans l’autre, même si l’éveil à la vie se passe parfois d’un éveil à la foi.
Nous pouvons distinguer 4 chemins qui jalonnent l’éveil à la foi d’un jeune enfant, chemins tout à fait complémentaires, nécessaires pour vraiment initier à la vie chrétienne : le chemin de la vie ; le chemin de la parole ; le chemin de la communauté ; le chemin de la prière.

Le chemin de la vie, c’est toute l’expérience humaine qui permet d’ouvrir les yeux à une expérience spirituelle : je suis curieux, je grandis, je suis aimé, je chante, je pleure, je ris, je suis triste, je suis joyeux, je souffre…etc…Ce sont des expériences fondamentales dans la petite enfance. Ce chemin de l’expérience humaine, faite du désir de vivre, de grandir et d’entrer dans une relation authentique de confiance, est le lieu même de la découverte d’un Dieu qui est vie et amour. Jésus a vécu cette expérience comme nous. Il nous rejoint.

Le chemin de la Parole est tout aussi important car le jeune enfant a besoin qu’on lui adresse la parole pour vivre. Cette parole le construit et lui permet de prendre la parole à son tour. Pour éveiller un enfant à la foi, il est nécessaire de lui parler de Dieu en termes justes et de lui donner des images plurielles pour qu’il n’enferme pas Dieu dans une seule image ou un seul discours.

Le chemin de la communauté répond au quotidien de la vie de des enfants qui font partie de différentes communautés (famille, école, classe, paroisse…). La rencontre avec la communauté des chrétiens fait partie de la vie du tout-petit. Eveiller à la foi, c’est sensibiliser l’enfant à l’ouverture aux autres, l’aider à prendre conscience qu’il est un des grands maillons de la chaîne des croyants et qu’il appartient à une communauté de chrétiens.

Le chemin de la prière pour que le jeune enfant découvre la prière et apprenne à prier à travers les gestes et les mots que lui transmettent ses parents, ses éducateurs, et surtout en les voyant vivre et entretenir cette relation à Dieu. Eveiller à la foi, c’est éveiller l’enfant à la dimension spirituelle en l’habituant progressivement à l’intériorité, à un certain retour sur soi, à l’écoute, à la contemplation, à la prière, en lien avec sa vie.

Et sur ce chemin, notre rôle d’adulte est d’être des éducateurs, c’est-dire des semeurs : les fruits ne sont pas garantis et ne sont pas immédiats. Mais si on ne sème pas, il est certain qu’il n’y aura pas de récolte.

Yvon Garel