Kelou mat n°3 mars 2022 Enregistrer au format PDF

« Les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu »
Vendredi 1er juillet 2022

MARS 2022, MOIS DE CARÊME
A la découverte de l’origine du mot Carême

Chers amis lecteurs du bulletin paroissial. Nous démarrons ce beau mois de mars avec le temps fort de l’Eglise qu’est le temps de carême qui commence providentiellement le mercredi 2 mars 2022. Mois de grâce, de prière, de partage et de pénitence. Pour mieux vivre ce temps de grâce, nous irons nous ressourcer à l’origine du mot carême, pour mieux le vivre afin de recueillir toutes les grâces qui s’y découlent.

Le mot Carême vient du latin Quadragesima (dies) « Quarantième jour » (avant Pâques). Le carême est une période de pénitence, de jeûne et d’Aumône qui dure 40 jours qui précèdent Pâques. Il commence par le mercredi des Cendres et s’achève avec la semaine sainte et le dimanche de Pâques. Les dimanches n’étant pas jeûnés dans la religion catholique, le carême commence donc 46 jours avant Pâques (40 jours + 6 dimanches).

Le sens de cette pratique est, pour les fidèles, de se souvenir de la retraite que Jésus effectua dans le désert où il se retira afin de prier et méditer durant 40 jours. Il y fut tenté plusieurs fois par Satan qui le soumit à plusieurs épreuves afin d’éprouver sa Foi.

Cet épisode est raconté en détail dans les évangiles de Matthieu et Luc (plus brièvement par Marc et passé sous silence par Jean) et est connu sous le nom de Tentation du Christ.

Durant les 2e et 3e siècles, le carême est peu observé par les fidèles et la durée du jeûne n’est pas fixée par l’Église catholique. Certains croyants ne pratiquent alors qu’un jeûne de deux jours, durant la préparation de Pâques. Le philosophe chrétien saint Justin (Justin de Naplouse, † 165) écrit que les catéchumènes (candidats au baptême) « sont instruits à prier et à implorer Dieu, en jeûnant, la rémission de tous péchés passés, tandis que nous prions et jeûnons avec eux ».

Vers 195, l’évêque de Lyon saint Irénée, inspiré de saint Justin, adressa au Pape Victor 1er ( † +199) une lettre indiquant qu’un jeûne obligatoire était observé par les chrétiens les vendredi et samedi saints, afin de commémorer le départ de leur Époux, le Christ.

Le carême devient courant entre 300 et 325, et il s’architecture autour de la préparation au baptême des catéchumènes. On demande aux fidèles de faire preuve de solidarité et compassion en priant et en jeûnant. On trouve dans l’Histoire ecclésiastique (324) écrite par Eusèbe de Césarée (265 † 340) le récit des nombreuses pratiques observées pour le jeûne de Pâques.

Pratique du Carême

La nature du jeûne n’est pas fixée officiellement par l’Église Catholique. Il doit avant tout faire sens pour le fidèle, la privation n’étant pas une fin en soi. Comme toute ascèse, elle trouve son sens dans un renforcement de la Foi et non une mortification de la chair. Il s’agit surtout de se priver du superflu (viandes, sucreries, graisses) afin de se consacrer aux autres par l’Aumône et à Dieu par la prière.

Ce n’est pas la première retraite de 40 jours recensée dans la Bible, car Moïse aussi se retira sur le Sinaï durant 40 jours, comme le rapporte le livre de l’Exode. Ce dernier relate l’errance du peuple hébreu guidé par Moïse, à travers le désert, vers la Terre promise. C’est durant cette épreuve qu’il recevra les Tables de la Loi. De même, Jésus commencera sa prédication une fois sa retraite terminée.

Cet épisode a donc d’autant plus d’importance qu’il inscrit Jésus dans la tradition des grands prophètes bibliques et comme étant le Messie attendu. Enfin, on notera que la période de Carême se déroulant avant le début du printemps, elle fut d’autant plus suivie que cette période correspondait à la fin des réserves consommées durant l’hiver par les paysans et que, de facto, les populations européennes avaient coutume de manger moins (faute de ressources suffisantes) et attendaient le retour du printemps, lequel signifiait le renouveau des cultures.

Père Alain Tokpo

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