Kelou mat n°12 décembre 2018 Enregistrer au format PDF

Accueillir l’inattendu
Jeudi 13 décembre 2018 — Dernier ajout mercredi 16 janvier 2019

Nous voici au seuil d’une nouvelle année liturgique. Nous y entrons par le temps de l’Avent, le temps d’un avènement. Mais quel avènement ?

Nous voici au seuil d’une nouvelle année liturgique. Nous y entrons par le temps de l’Avent, le temps d’un avènement. Mais quel avènement ?

Comme chaque année des guirlandes lumineuses éclairent nos rues, les devantures des magasins scintillent de mille éclats… Et en chacun de nous naît tout à la fois du rêve et du cauchemar.

Du rêve : les retrouvailles en famille dans quelques jours, le partage de moments de bonheur, de paix. Mais dans le même temps, le cauchemar : la surenchère de consommation de jouets, de nourriture, l’appréhension de décevoir les uns ou les autres. Serait-ce vraiment là le tout de cet Avènement qui, pendant un mois, va nous conduire vers la fête de Noël ?

Et si au milieu de ce temps d’effervescence, nous nous posions la question de l’essentiel de ce temps de l’Avent et gardions le cap sur cet essentiel.

Et quel est-il donc ?

Selon la Bonne Nouvelle de Noël, tout simplement la Vie !

Une Vie qui voit le jour dans la paille de notre humanité, une Vie qui d’en-haut vient rejoindre la rudesse de notre quotidien. Il y a plus de 2000 ans le peuple espérait un Messie pour le sauver de l’occupant romain, il ne pouvait surgir que dans un beau palais ! Et voilà que la Vie surgit dans l’étable d’un caravansérail.

Elle naît là dans la frimousse d’un tout-petit venu pour tous les sans-appuis, les sans-abris, les orphelins de tout… et pour nous tous, à un titre ou à un autre ! Et ils se reconnaissent dans cette fragilité, ils entendent la tendresse d’un Dieu qui les a rejoints.

Et nous aujourd’hui ?

Allons-nous aussi reconnaître ce Dieu qui vient nous visiter et partir à sa rencontre ?

Oui ce Dieu de tendresse s’invite dans notre quotidien, se glisse dans l’évènement le plus commun, là où la vie veut naître à travers les contradictions qui nous habitent. Il nous appartient pour cela de veiller, de cultiver en chacun de nous la vigilance intérieure qui rend disponibles non pas pour montrer à Dieu la route à suivre pour entrer dans nos modes de vie, mais pour nous ouvrir pleinement à l’inattendu de Dieu.

Oui, ne rêvons pas de fêtes sans failles et de famille sans déchirures : c’est dans les brèches que prend naissance l’inattendu, l’inespéré.

Veillons, ouvrons les yeux et ne manquons pas les rendez-vous que Dieu nous offre : Il vient dans la fragilité de nos vies, dans tous ces visages que nous rencontrons, dans le bruissement de nos doutes. Accueillons-le !

Yvon Garel

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