Grands témoins du XXe siècle : Marthe Robin Enregistrer au format PDF

Jeudi 14 mars 2019

Inspiratrice avec le père Georges Finet des Foyers de Charité

« Que ma vie ne soit qu’un chant d’amour et de reconnaissance, et que je vive comme je rêve de mourir : tout simplement par amour. » « Je voudrais être partout à la fois pour dire et redire au monde combien le Bon Dieu est bon, combien il aime les hommes, et se montre pour tous tendre et compatissant. » « La foi est le flambeau de la vie éclairant nos espérances, nous amenant à l’amour de Dieu. »

Marthe Robin naît le 13 Mars 1902 à Châteauneuf de Galaure dans la Drôme, sixième et dernière enfant d’une famille de paysans peu pratiquants.
Elle va à l’école, au catéchisme et aide aux travaux de la ferme mais dès 1909 son état de santé ne lui permit plus de fréquenter l’école que de façon irrégulière.

En 1912, sa première communion lui laisse un souvenir ému : « Je crois que ma communion a été une prise de possession de Notre-Seigneur. Je crois qu’il s’est emparé de moi à ce moment-là. ». Elle s’ouvre pleinement à la présence de Dieu dans son âme.
Cette « prise de possession » en douceur par Dieu rend Marthe de plus en plus pieuse. « Je priais tout le temps. Je lui parlais surtout. Je lui disais des prières trouvées dans un gros missel. »

En 1918, elle est victime d’une encéphalite léthargique, conséquence de la grippe espagnole qui la laisse dans le coma pendant 27 mois. En 1921, après avoir reçu l’extrême-onction, son état s’améliore et elle peut marcher avec des béquilles. Elle a 20 ans lorsqu’elle vit une première expérience mystique et ressent un appel à offrir sa vie pour « la conversion des pécheurs et la sanctification des âmes ».
Elle commence à se découvrir une vocation particulière à la souffrance.
Le 15 octobre 1925, elle écrit sa consécration totale à Dieu : « Je me remets à Vous sans réserve et sans détour ».
En 1926, elle tombe gravement malade et à partir du 25 mars 1928, ses jambes restent définitivement paralysées, repliées sous elles. Elle ne boit pas, ne dort pas et ne se nourrit que d’hosties consacrées. Après le 2 février 1929, ses bras se paralysent également.

Le 10 février 1936 a lieu une rencontre décisive entre Marthe Robin et un prêtre, l’abbé Georges Finet, du diocèse de Lyon. C’est par lui que sera fondé le premier Foyer de Charité demandé par Marthe. Il en existe actuellement 75 à travers le monde.
« Je veux qu’elle soit un Foyer éclatant de Lumière, de Charité, d’Amour… la Maison de mon Cœur ouvert à tous ».
Marthe se nourrit de l’esprit de Sainte Thérèse de Lisieux. Comme Thérèse, elle sait que c’est dans les plus petites choses que Jésus est avec nous, que l’amour seul compte et que lorsque l’on est confronté à une épreuve ou à une tentation, le meilleur est de la traverser avec simplicité.
Dans le même temps, elle reçoit les stigmates et, à partir de là, vit régulièrement, du jeudi au vendredi, la Passion du Christ d’une façon si intense que le sang lui sort du front et des yeux. Elle a un contact privilégié avec la Vierge Marie, qui lui apparaît souvent.

En 1940, elle perd la vue. Elle vit recluse dans la chambre de la ferme familiale, alitée en permanence, ne boit pas, ne dort pas et ne se nourrit que d’hosties consacrées jusqu’à son décès en 1981. Nuit et jour, elle souffre.
Dans le même temps, son univers humain s’élargit considérablement. On commence à parler d’elle, on vient la voir. Marthe Robin reçoit ainsi plus de 100.000 personnes. Elle soutient chacun par sa foi, son accueil, son offrande, sa compassion.
« Mon adorable Jésus, faites que toutes les personnes qui m’approchent me quittent consolées quand elles pleurent, relevées quand elles sont accablées, heureuses pour des jours par le souvenir d’une parole, d’un regard, d’un sourire ».

Elle meurt le 6 février 1981.

Elle aura travaillé sans relâche pour le renouveau de l’Église, encourageant le jaillissement de communautés nouvelles et de nombreuses vocations.
Marthe Robin a été proclamée « vénérable » en novembre 2014 par le Pape François. La reconnaissance de « l’héroïcité des vertus » de Marthe par le pape est une étape décisive dans sa cause de béatification. Un dossier présentant une guérison inexplicable obtenue par son intercession est en cours d’étude à Rome.

Michelle Menguy