Grands témoins du XXe siècle : Paul Couturier Enregistrer au format PDF

Figure marquante du mouvement oecuménique français, artisan de l’Unité chrétienne
Jeudi 10 janvier 2019 — Dernier ajout jeudi 14 mars 2019

À l’origine de la semaine de prières pour l’Unité chrétienne, le Père Paul Couturier a révolutionné l’œcuménisme spirituel au XXe siècle.

A l’origine de la semaine de prières pour l’Unité chrétienne, le Père Paul Couturier a révolutionné l’œcuménisme spirituel au XXe siècle.

« Il était un paradoxe vivant : catholique au fond de son cœur, prêtre dans l’essence même de sa nature, ami des protestants, des orthodoxes, des anglicans". »

Depuis les commencements du christianisme, les chrétiens n’ont cessé de se diviser en de multiples Églises et communautés ecclésiales séparées. On y distingue trois grandes familles : les orientaux et orthodoxes, les catholiques, anglicans et protestants (luthériens, réformés, évangéliques et pentecôtistes).
Au début du XXe siècle, le mouvement s’est inversé. Et aujourd’hui, pour le témoignage de l’Évangile dans le monde, les chrétiens aspirent à leur unité visible dans une même foi et une même communion eucharistique. Telle est la visée du mouvement oecuménique.
La prière pour l’unité nous jette dans le cœur du Christ où nous trouvons sa prière : « Père, qu’ils soient un pour que le monde croie » (Jean 17, 21).
La prière nous ouvre au souffle de l’Esprit Saint. Nous prions pour l’unité « telle que le Christ la veut, par les moyens qu’il voudra ».

Prière considérée comme "la prière" du Père Couturier pour l’Unité
Seigneur Jésus, qui à la veille de mourir pour nous,
As prié pour que tous tes disciples soient parfaitement un, comme toi en ton Père, et ton Père en toi,
Fais-nous ressentir douloureusement l’infidélité de notre désunion.
Donne-nous la loyauté de reconnaître et le courage de rejeter
Ce qui se cache en nous d’indifférence, de méfiance, et même d’hostilité mutuelle.
Accorde-nous de nous rencontrer tous en toi,
Afin que, de nos âmes et de nos lèvres, monte incessamment ta prière pour l’unité des chrétiens,
Telle que tu la veux, par les moyens que tu veux.
En toi, qui es la charité parfaite, fais-nous trouver la voie qui conduit à l’unité, dans l’obéissance à ton amour et à ta vérité.

Paul Couturier naît à Lyon le 29 Juillet 1881 et est ordonné prêtre le 9 juin 1906.

En 1923 il lui est demandé de venir en aide à des réfugiés politiques ayant fui la Russie après la Révolution de 1917. A leur contact, il découvre le christianisme orthodoxe.
En juillet 1932, il fait une retraite spirituelle chez des bénédictins, en Belgique, qui le sensibilisent au souci de l’unité des chrétiens. A son retour à Lyon, en janvier 1933, il organise la première rencontre pour l’Unité, ancêtre de la « Semaine de prière pour l’Unité chrétienne ».
Il suscite, en 1936, la première rencontre spirituelle interconfessionnelle en Suisse alémanique, entre des pasteurs protestants et des prêtres catholiques. C’est l’origine du « Groupe des Dombes » qui, depuis, réunit chaque année quarante théologiens et théologiennes, catholiques et protestants, sur des thèmes de réflexion communs aux deux Églises. Il se rend en Angleterre où en 1937 et 1938, il rencontre des responsables de l’Église anglicane.
Il écrit plusieurs articles sur « L’universelle Prière des Chrétiens pour l’Unité Chrétienne » En 1939, il fait la connaissance du Pasteur Visser’t Hooft qui sera Secrétaire du Conseil Œcuménique des Églises à Genève de 1948 à 1967.

A l’automne 1940, il rencontre le Pasteur Roger Schütz qui envisage de créer une communauté monastique à Taizé dans le cadre du protestantisme.
Paul Couturier, évoque dans la revue « Unité chrétienne », l’idée d’un « Monastère invisible » qui réunirait dans la prière les chrétiens des différentes confessions, soucieux de l’unité.
En avril 1942, il est arrêté par la Gestapo puis emprisonné jusqu’au 12 juin 1944, sans doute en raison de ses amitiés avec les anglicans.

Il écrit, en 1947, un article intitulé « Chrétiens devant l’Œcuménisme » et en 1950, « Unité Chrétienne et Tolérance Religieuse ».
Le 11 avril 1952, le patriarcat grec-melkite d’Antioche le nomme archimandrite, titre honorifique de certains ecclésiastiques, notamment les supérieurs de monastère.

Il décède à son domicile, d’une crise cardiaque, dans la nuit du 23 au 24 mars 1953.

Michelle Menguy