Même quand on a perdu (ou jamais eu) la vraie connaissance de ce que signifie Noël pour les chrétiens, on en garde des traits essentiels : la fête de l’enfance, l’affection manifestée et partagée, la recherche de la paix. Si tout le monde pouvait profiter de ce minimum, ce serait grande fête sur la terre, même si je n’oublie pas que Noël c’est infiniment plus.
Cette année encore est marquée par bien des tragédies dans tous les coins du monde ; les guerres, la Covid, les attentats qui ont frappé durement notre pays ces derniers mois. Espérons que sur le monde se lèvent des lueurs de paix, même si la route est toujours parsemée d’embûches, pour que chacun puisse fêter Noël.
Devant cette immense question de la paix dans le monde, nous nous sentons spectateurs impuissants. Et pourtant, nous sommes beaucoup plus acteurs que nous l’imaginons -que ce soit dans le bon sens ou le mauvais. Nous l’expérimentons bien souvent, le bien est contagieux (comme le mal) et tout geste de paix et de réconciliation avec soi-même d’abord, avec ses proches, ses voisins, peut se répercuter à l’infini et avoir des conséquences insoupçonnables. Comme le monde serait beau et serein si tous ceux qui célèbrent Noël vivaient vraiment l’esprit de Noël.
On chante le Tout Puissant, mais pour le reconnaître, il faut regarder un enfant nu, couché dans une crèche. Par ce geste il veut nous montrer la tendresse qu’il partage avec l’humanité. Quand il se fait homme, le Fils de Dieu donne l’exemple : sa majesté s’exprime dans la simplicité et le dépouillement. Celui qu’on acclamera comme roi est dépendant de ses parents, livré aux mains des hommes. Le don de soi, le service est le signe de la vraie grandeur et le chemin de joie.
J’aime beaucoup le texte d’un cantique d’Odette Vercruysse que je cite et livre à notre méditation :
« C’est Noël, chaque fois qu’on essuie les larmes dans les yeux d’un enfant,
C’est Noël, chaque fois qu’on dépose les armes, chaque fois qu’on s’entend.
C’est Noël chaque fois qu’on arrête une guerre et qu’on ouvre ses mains.
C’est Noël, chaque fois qu’on force la misère à reculer plus loin.
C’est Noël sur la terre chaque jour. Car Noël, ô mon frère, c’est l’amour ».
Il est difficile de faire mieux pour exprimer Noël. Mais l’écriture la plus convaincante c’est celle de nos vies. Malgré nos peurs, nos craintes, nos angoisses, tous nous pouvons faire durer Noël bien plus qu’une journée ; dans la simplicité d’un geste, d’un sourire. Il dépend aussi de nous que le 25 décembre soit Noël pour tout le monde.
A vous tous, chers paroissiens et amis lecteurs, au nom de tous, je vous souhaite un Noël de paix, de ferveur et de joie.