Durant la période de pandémie nos vies ont été bouleversées et nos plans ont probablement dû être revus. Le virus Covid19 -invisible à l’œil- a remis en question notre mode de vie. Nous avons constaté la fragilité de notre système économique d’une part, mais aussi la solidité des liens fraternels, la volonté de vivre la solidarité et la dynamique « locale » plutôt que mondiale.
Le monde à l’arrêt nous a conduit à revisiter « nos mondes », chacune de nos vies, pour en faire un lieu d’épanouissement et de respiration pour mettre en pratique l’Evangile.
N’oublions pas trop vite toutes ces énergies données et la volonté d’accompagner les malades et les personnes vulnérables. Ainsi, Soeur Véronique Margron, Présidente de la Conférence des Religieux et Religieuses de France (Corref) nous rappelle que « comme l’écrivait Christiane Rancé dans une tribune du journal La Croix, « d’innombrables Marthe s’affairent autour de nous », afin que nous puissions encore inviter Jésus, dans nos maisons comme dans nos vies, à s’y arrêter quelques instants. Toutes celles-là̀, et ceux-là̀ aussi, agissent ‘au- dessus d’eux’, pour la vie de tous.
Peut-être que ces mois nous réapprennent une vraie Présence, celle qui se tient dans le souci d’autrui, en chair et en os, dans notre présence les uns aux autres, priante et suppliante, présence active et amicale, inquiète pour l’autre et tous les autres. Présenter le monde à Jésus, lui présenter « celui que tu aimes et qui est malade ». (Jn 11, 3) Le dépouillement réclamé par la crise sanitaire, humaine, économique, écologique, attend notre réponse sobre mais vibrante, intime, totale en faveur de ce corps fragile et précieux qu’est l’humanité́ de chacun et celle de tous. « Le malade demande de l’air et de l’aide en son nom et au nom de la planète tout entière ».
Si les conditions de vie changent, le fonds de notre engagement ne change pas : servir le Christ au cœur d’un peuple. Cela, nous pouvons le vivre n’importe où et dans n’importe quelles conditions. Pour cela, « la modestie, ajoute Sr Véronique, pourrait être une nouvelle et bienfaisante devise pour nous ».
Il nous faut maintenant être des « réparateurs de brèches » (Isaie, 58,12). Réparer les brèches, remettre les chemins en service, ce n’est pas s’occuper uniquement de ceux qu’on aime, de notre avenir – alors qu’il faut le faire aussi - mais des liens qui nous unissent à tous. Réparateur de brèche, ce n’est pas refaire comme avant.
Nous sommes ainsi invités « à ne pas être des arpenteurs. Mais des bâtisseurs/…/ en
faveur des délaissés de toute époque autant que des assoiffés de justice, de beauté́ et
de vérité́, Dieu lui-même, invite au risque d’une espérance lucide pour avancer dans
l’avenir ».
Chers paroissiens, notre espérance a un visage : le visage du Seigneur ressuscité,
qui vient « avec une grande puissance et une grande gloire ». (Mc 13,26). L’espérance n’est
donc pas quelque chose, mais quelqu’un. L’espérance, affirme le pape François « fait
entrer dans les ténèbres d’un avenir incertain pour marcher dans la lumière.
La vertu de l’espérance est belle, elle nous donne tant de force pour marcher dans la vie ». Et en ce moment si particulier de notre histoire, le pape François parle de la contagion « qui
se transmet de cœur à cœur, car tout cœur humain attend cette Bonne Nouvelle. C’est la
contagion de l’espérance : « Le Christ, mon espérance, est ressuscité ».
Il ne s’agit pas d’une formule magique qui fait disparaître les problèmes. Non, ce n’est pas la résurrection du Christ. C’est au contraire la victoire de l’amour sur la racine du mal, une victoire qui ne « contourne » pas la souffrance et la mort, mais les traverse en ouvrant une route vers l’abîme, transformant le mal en bien : la marque exclusive de la puissance de Dieu
» (12 avril 2020).
Durant la période estivale qui va commencer, soyons des acteurs et des actrices d’un monde nouveau construit sur la force de l’Evangile, l’espérance de la Résurrection et la fraternité qui font de nous un peuple en marche.Bel été à toutes et tous dans la confiance et dans l’espérance.
Père, Jean Chilair BONCOEUR
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- Kelou mat n°7 juillet août 2020 (PDF, 1.8 Mio)